Création de Réserves Naturelles Régionales

Anciennement dénommé R.N.V. (Réserve Naturelle Volontaire), c’est aux régions que revient la responsabilité de classer les sites en réserve. Dans le Nord-Pas de Calais, ceci est effectif depuis mars 2007.

Le CPIE Bocage de l’Avesnois a participé à la création de la réserve naturelle régionale (R.N.R.) d'Encade à Gussignies et de la carrière des Nerviens à Bavay. Elle a offert un appui technique aux propriétaires pour effectuer les demandes d'agréments et élaborer les plans de gestion. Aujourd’hui, l’association assure la gestion de la réserve de la carrière des Nerviens.

Pour en savoir plus sur les implications du classement RNR, vous pouvez vous référer aux articles du code de l'environnement relatifs aux réserves naturelles régionales et consulter le site du conseil régional.

Le CPIE Bocage de l’Avesnois peut aider tout propriétaire en Avesnois à créer une réserve naturelle régionale, pour peu que sa propriété ait un intérêt écologique, faunistique et floristique.
N’hésitez pas à nous contacter à ce sujet à biodiversite@cpie-avesnois.org ou au 03 27 53 04 04.

La réserve naturelle régionale de la Carrière des Nerviens

Le site de la Carrière des Nerviens se trouve à Bavay, entre les villes de Valenciennes et de Maubeuge. Sur le territoire du Parc naturel régional de l’Avesnois, dans la vallée du ruisseau de Bavay, le site est une ancienne carrière où l’on exploitait le grès. Elle fut comblée de marnes provenant des carrières voisines de Bellignies-Bettrechies. Le site a depuis été totalement recolonisé par la végétation spontanée constituée de bosquets et de zones herbacées. La végétation qui a recolonisé le site est si riche, qu'en 2003, le CPIE Bocage de l’Avesnois a acquis plusieurs parcelles dans l’ambition d’y créer une réserve naturelle régionale.
Le site de la Carrière des Nerviens est avant tout remarquable par la flore qu’il abrite mais également aux habitats naturels présents. Cette Réserve Naturelle Régionale permet le maintien d’un patrimoine biologique diversifié. À mi-chemin entre le Bois d’Encade (classé en réserve naturelle régionale) et la forêt de Mormal, la Carrière des Nerviens assure un rôle de corridor écologique.

Après en avoir effectué la demande auprès du Conseil Régional, le site a acquis son agrément en 2009, pour une durée de 5 années.

L’acquisition, ainsi que les études nécessaires à la protection et à la gestion sont financées par l'Union européenne (FEDER - Objectif1), l'État (Direction Régionale de l'Environnement Nord - Pas-de-Calais) et le Conseil Régional Nord - Pas-de-Calais.

Trame verte et bleue

De part son passé industriel, sa situation géographique, ainsi que de sa densité d’habitants, le Nord - Pas-de-Calais est une région très fragmentée, occasionnant l’isolation des milieux naturels et la fragilisation importante des espèces animales et végétales vivant dans la région.
Le développement des corridors biologiques entre ces zones de nature est donc important. Ainsi, depuis 2002 le CPIE Bocage de l’Avesnois s’implique concrètement dans la mise en œuvre d’un projet de trame verte et bleue à l’échelle du Bavaisis, regroupant 15 communes.

Dans un premier temps, un inventaire de terrain a été réalisé afin d’obtenir un état des lieux initial du territoire du Bavaisis, et ce dès juillet 2008. Cela a permis d’identifier les zones nodales ainsi que les points de ruptures existants sur le territoire du bavaisis.

Parce qu'ils gèrent les bâtiments communaux, les voiries, les espaces verts publics, les zones d’activités, parce qu'ils sont des relais pour sensibiliser la population, les élus locaux sont de bons partenaires pour mettre en place la trame verte et la trame bleue. Le CPIE Bocage de l’Avesnois à la volonté de les sensibiliser et à les accompagner pour :

  • Mettre en place un plan de gestion différenciée des espaces verts communaux.
  • Rendre accueillant pour la biodiversité les bâtiments communaux (rapaces nocturnes, chauves-souris…).
  • Impulser et accompagner des projets de plantation de haies et de vergers de hautes tiges.
  • Soutenir la création de mares.
  • Veiller à la qualité des cours d'eau, voire la restaurer.
  • Promouvoir la nature en ville.
  • Favoriser l’intégration environnementale des zones industrielles.

Etant donné la surface importante de l'espace rural en Avesnois, le CPIE Bocage de l’Avesnois entend jouer un rôle majeur dans sa gestion. L'association cherche donc à:

  • Accompagner la plantation de haies.
  • Favoriser la reconversion des peupleraies en futaies hétérogènes.
  • Participer à la mise en œuvre de jachères "faune sauvage".
  • Développer la culture biologique.
  • Promouvoir la gestion écologique des plans d'eau.

Le CPIE Bocage de l’Avesnois accompagne les communes partenaires de la trame verte et bleue pour l'organisation de la concertation avec les habitants et les acteurs concernés pour définir puis mettre en œuvre les actions favorisant le développement de la biodiversité.

Pour inciter et aider le particulier à s’investir dans ce domaine, le CPIE Bocage de l’Avesnois à notamment créé un site internet autour de la création et de la gestion d’un jardin au naturel: http://jardinnaturel.cpie-avesnois.org/,

Protection des espèces menacées

Protection de la Jonquille sauvage en Avesnois

Le CPIE Bocage de l’Avesnois a impulsé la protection des jonquilles en Avesnois. Aujourd’hui, un arrêté préfectoral règlemente sa cueillette, à raison d’un bouquet de 10 hampes florales (fleurs) par personne sur toute la région.

D’autre part, l’association étudie l’impact de la cueillette grâce à la mise place de quadrats définis selon des critères d’accessibilité, de visibilité, ou encore de piétinement.

Ces actions sont menées en concertation lors de groupes de travail constitué:

  • du Conservatoire National Botanique/Centre Régional de Phytosociologie de Bailleul;
  • de l'Université de Sciences et Technologies de Lille,
  • et du CPIE Bocage de l’Avesnois.

Le CPIE Bocage de l’Avesnois souhaite poursuivre cette démarche en étudiant la faisabilité de la production de semences d'écotypes locaux.

Protection de la Gagée

La Gagée à spathe est une géophyte à bulbe de petite taille, à fleurs jaunes disposées en ombelle. Elle fait partie de la famille des Liliacées (tulipes, colchiques, jacinthes…). Seule plante protégée au niveau national connue dans le Bavaisis (arrêté ministériel du 20 janvier 1982, modifié par les arrêtés du 15  septembre 1982 et 31 août 1995), la Gagée à spathe est également inscrite au Livre Rouge de la Flore menacée de France. Très discrète à l’état végétatif, la plante n’a été découverte que tardivement dans de nombreux pays d’Europe. A l’échelle nationale, on ne la retrouve que sporadiquement, dans quelques stations ardennaises et dans l’Avesnois. Dans le massif du bois des Lanières (Bavaisis) ont été recensées les plus importantes stations françaises. Le CPIE Bocage de l'Avesnois a impulsé en 2007, avec l'aide de scientifiques (Conservatoire Botanique National de Bailleul, le Laboratoire de Génétique des Populations de l'Université de Lille 1) son étude pour mieux connaître sa répartition, son écologie et sa biologie. Le protocole d’étude mis en place est axé sur 3 objectifs :

  • L’observation de l'état actuel des populations de Gagée à spathe grâce à de nombreuses prospections sur le terrain et par un suivi à long terme.
  • La connaissance des conditions optimales de l'espèce en étudiant la floraison et la reproduction de populations, ainsi qu'en étudiant le biotope dans lequel on retrouve la plante.
  • L’étude des menaces éventuelles en analysant les relations inter et intra-spécifiques qui agissent au sein des populations afin d'appliquer la meilleure gestion possible.

Amfroipret

En 2009, la commune d’Amfroipret est devenue propriétaire d’un terrain, situé derrière la mairie et à proximité de l’étang communal. Ce terrain est principalement occupé par une végétation typique des zones humides. Le CPIE Bocage de l’Avesnois accompagne la commune dans son projet d’aménagement durable et concerté du terrain en zone de loisirs. Le CPIE est chargé de mener une étude écologique afin d’évaluer l’intérêt patrimonial de cette zone (inventaires naturalistes, faunistiques et floristiques). Depuis 2009, plusieurs prospections ont donc été réalisées. Pour le moment, ont ainsi été inventoriées 13 espèces d’oiseaux, 1 espèce d’odonate, 7 espèces de lépidoptères et plus d’une cinquantaine de plantes. La flore présente sur le site reste relativement commune, mais deux espèces peu communes ont cependant pu être observées (Lathyrus tuberosa, Rumex obtusifolius). La commune souhaite mettre en œuvre un plan de gestion sur cette zone humide pour :

  • Préserver et développer la biodiversité, en mettant en place un plan de gestion des espaces,
  • Valoriser le patrimoine écologique, par la réalisation d’un circuit d’interprétation et de panneaux pédagogiques.


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