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Le CPIE Bocage de l'Avesnois a impulsé la protection de la jonquille sauvage et contribue à l'étude de ses populations en Avesnois. La jonquille : une diversité génétique fragile La jonquille sauvage(Narcissus pseudonarcissus pseudonarcissus) a deux modes de reproduction :
Une plante menacée Si les populations forestières semblent denses jusqu'à présent, les populations prairiales sont très menacées du fait de l'intensification agricole (retournement de prairie, drainage, fertilisation excessive…). Une préservation des stations forestières et bocagères est indispensable pour le maintien de l'espèce. Mais la menace la plus importante pour cette espèce est la cueillette et l'arrachage des bulbes, le plus souvent à des fins mercantiles. Lorsque les fleurs sont récoltées en masse, la multiplication sexuée n'est plus possible et seule la multiplication végétative persiste, avec les limites évoquées plus haut. L'arrachage des bulbes, qui est parfois constaté, a des impacts encore plus importants puisqu'il entraîne une disparition pure et simple des individus. Il faut enfin noter que les graines de jonquilles ont une dormance de six mois puis germent, ce qui réduit les chances de restauration de populations de jonquille à partir de la banque de semences du sol. Des travaux néerlandais ont montré que des populations protégées de la cueillette présentaient une plus grande diversité génétique que des populations soumises à la cueillette. En Picardie, il a été clairement prouvé que les parcelles accessibles présentent des densités de populations de 20 à 50% plus faibles. Le démarrage de l'action à Gussignies Dans une étude corridor biologique réalisée en 1997 pour le Conseil Régional, le CPIE Bocage de l'Avesnois évoquait déjà les menaces pesant sur la jonquille et proposait à la commune de Gussignies de demander au Préfet un arrêté réglementant la cueillette de la jonquille au titre de l'arrêté ministériel du 13 octobre 1989 modifié. L'accord municipal obtenu, le CPIE Bocage de l'Avesnois a alors aidé la Direction Régionale de l'Environnement à rédiger le dossier argumentaire et la proposition d'arrêté. Celui-ci fut pris en 1998. Seule la cueillette de hampes fleuries reste possible à raison d'un bouquet de dix tiges par personne. Le prélèvement de tout autre matériel (bulbes, feuilles, fleurs en bouton) est interdit, pour les raisons évoquées plus haut. En outre, la vente des jonquilles de Gussignies est interdite. L'amplification de l'action au niveau régional La protection localisée à Gussignies depuis 1998 incite les cueilleurs à se déplacer et à se "rabattre" sur d'autres populations. Cette fréquentation accrue concerne pour partie des boisements où sont présentes d'autres espèces végétales menacées et pourrait conduire à des destructions volontaires ou fortuites de ces espèces. Citons notamment la Gagée à spathe (Gagea spathacea), exceptionnelle et protégée en France, dont les bois des environs de Bavay hébergent la plus importante des deux seules populations françaises connues. De plus, la récolte des jonquilles nécessite de quitter les sentiers et de pénétrer sur les sols humides des bois provoquant le piétinement de la végétation printanière à une époque où les végétaux sont particulièrement fragiles. Les bois à jonquille relèvent en grande partie des habitats forestiers inscrits à la Directive habitats et présentent un caractère paysager indéniable. Pour ces raisons, à l'initiative du CPIE Bocage de l'Avesnois, la Direction Régionale de l'Environnement Nord - Pas-de-Calais, le Conseil Régional Nord - Pas-de-Calais, le Conservatoire Botanique National de Bailleul et le CPIE Bocage de l'Avesnois ont obtenu du Préfet un arrêté (document pdf : 325 Ko), en date du 19 avril 2007, réglementant la cueillette et interdisant la vente de la jonquille sauvage dans toute la Région Nord - Pas-de-Calais. L'étude des populations de jonquilles sauvages en Avesnois Depuis 2005, le CPIE Bocage de l'Avesnois inventorie de manière exhaustive les populations de jonquilles sauvages dans tout l'Avesnois. Le travail n'étant pas achevé, la contribution de chacun est recherchée. Le Parc naturel régional apporte son appui administratif pour les communes qui y adhèrent. Cette action a obtenu le soutien de l'Union européenne, du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais et de la Fondation Nature et Découvertes. L'association a également entrepris d'évaluer l'impact
de la cueillette sur les populations. Pour cela, un protocole a été
défini en partenariat avec le laboratoire de dynamique des populations
de l'Université de Lille et avec le Conservatoire Botanique National
de Bailleul. Nous l'appliquons depuis 2007. |
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